4 janvier 2017

L’innovation numérique au service de l’intérêt général depuis 1998

Les racines de l’agence remontent à 1998 et à la participation de Bastien Sibille à la création des premiers réseaux numériques militants et politiques. Ceux-ci permirent rapidement d’organiser l’action de plusieurs dizaines milliers de militants de part le monde et nous menèrent sur un sentier que nous n’avons plus quitté depuis : celui de l’usage civil du web.

Nous distinguons deux grandes catégories de civic tech :
(1) les technologies politiques qui affectent la façon de faire la politique, les mouvements politiques, les organisations civiles, l’espace public, les modes d’expression démocratique (vote etc…) d’une part ;
(2) les technologies de service public visant à rendre les services publics étatiques ou territoriaux plus rapides, efficaces, participatifs.

L’action que nous menons dès la fin des années 90 pose les bases des civic tech politique. A cet égard, les serveurs LAMP, SPIP, Sympa etc… ont pavé la voie à beaucoup des développements actuels du secteur. C’est aussi la belle époque d’AlternC (Valentin Lacambre), Gandi, Globenet, Indymédia…

Sur la base de ces pratiques politiques du web, Bastien creuse ensuite les questions de propriété intellectuelle qui leurs sont liées. Il rejoint l’association Vecam et travaille avec Valérie Peugeot, Frédéric Sultan, Olivier Blondeau, Michel Briand, Denis Pansu et Gérald Elbaze à la constitution du réseau civil i3c et à sa participation au Sommet Mondial de la Société de l’information organisé par l’ONU. C’est alors que les questions sociales posées par la licences libres, et grâce au travail de l’April, sont largement débattues. Cette action civile est suivie, en 2001 d’un contrat avec la Caisse des dépôts et Consignation pour l’évaluation des Espaces publics numériques déployées par la CDC pour répondre à la politique numérique du gouvernement Jospin.

De retour en France après avoir soutenu un doctorat au Canada sur le numérique et la politique (cf. infra), Bastien travaille au déploiement de civic tech au sein des structures d’économie sociales françaises et canadiennes. Cet engagement se traduit à travers son rôle de Secrétaire général de l’Association internationale du logiciel libre, fondée par le Groupe Up, la Macif, le Crédit Coopératif, la Caisse d’économie solidaire, Fondaction et Filaction.

C’est dans ce cadre, que, souhaitant développer un logiciel libre de gestion de la démocratie interne aux structures d’économie sociale, Bastien créé l’agence TALCOD, en 2011. Le développement de ce logiciel fait suite à une réflexion de Bastien sur l’application des modèles du logiciel libre à l’entreprise – le texte accessible ici.

Depuis, l’agence a déployé de nombreuses technologies web civiles. Quelques exemples :
– technologie de démocratie participative (Ville de Roubaix par exemple) ;
– technologie de rédaction collaborative des Cahiers d’espérance dans le cadre des Etats généraux de l’économie sociale (400 cahiers rédigés en ligne) ;
– technologie de démocratie interne pour structures d’économie sociale (TALA) ;
– technologie de réseaux interne pour mouvements politiques ou syndicats : Mouvement des entrepreneurs sociaux, SNELAC, SNESUP ;
– technologie de recherche et enseignement supérieur pour les Instituts de recherche à l’étranger ;
– technologie de cartographie participative pour Arte ;
– etc…

Un background universitaire

Notre agence s’appuie sur les recherches en Sciences politiques menées par Bastien. Celles-ci l’ont notamment conduit à réaliser une thèse de doctorat au Canada, à enseigner à Sciences po Lille et à écrire plusieurs articles scientifiques. Quelques détails ci-après.

De 2001 à 2003 Bastien rédige un mémoire dans le cadre d’un Master à la Sorbonne sur les mutations de l’espace public à l’heure du numérique, mémoire qui attire l’attention de Bernard Stiegler. Souhaitant prolonger ce travail réflexif, Bastien mène au Canada, sous la direction de Jane Jenson une thèse sur les enjeux politiques du numérique de 2003 à 2008. Cette thèse démontre notamment le caractère politique du code informatique gouvernemental et de la nécessité d’une analyse critique de celui-ci. Plusieurs travaux découleront de la thèse, notamment une étude sur les usages militants de la cartographie participative par les communautés amérindiennes.

Desage, F., & Sibille, B. (2011). « L’emprise de l’institué. Force et aléas du régime de “consensus” à la Communauté urbaine de Lille » in Lagroye, J. et Offerlé, M. (dir), Sociologie de l’institution, Paris, Belin, 2011, 151-175.

Bastien Sibille, XXXXXXX, Françoise Blum (dir.). – Des radios de lutte à Internet. Militantismes médiatiques et numériques. Paris, Publications de la Sorbonne, 2012, 272 pages. « Histoire contemporaine ».

Sibille Bastien, « Stratégies électroniques. Sur les usages militants des Systèmes d’informations géographiques dans les luttes pour la préservation des forêts canadiennes », Mouvements, 4/2009 (n° 60), p. 52-58.

Bastien Sibille, XXXXXXX, Gouvernance et normativité, sous la dir. d’Yves Palau. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2011, 162 p.

Bastien Sibille, “ Voir l’Europe pour la faire ”, Politique européenne 2/2010 (n° 31) , p. 147-172
URL : www.cairn.info/revue-politique-europeenne-2010-2-page-147.htm.